La Croix dite de "Saint Louis"

 

 

 

 

 

 

Habitants de Barriac et des hameaux qui l'entourent, originaires de ce bourg ou résidents d'adoption, vous êtes tous passés et repassés sur la petite route qui nous relie à la nationale Ally-Pléaux.

Arrivés au point culminant de la colline, vous découvrez un remarquable panorama s'étendant du vallon de Chameyrac à la chaîne des Monts du Cantal. Là, se dresse à la croisée de la route et d'un ancien chemin, implantée, d'après le cadastre, sur le domaine de Pléaux, mais appartenant depuis toujours à BARRIAC, la croix dite de Saint Louis. Cette croix, je voudrais la décrire  pour en évoquer un peu la petite histoire et soulever le voile de notre patrimoine local, si riche et pourtant méconnu.

Monté sur un fût prismatique, lui-même posé sur un socle rectangulaire, le croisillon de forme quadrangulaire, sculpté en lave, présente sur l'avers (face avant) un christ de facture romane et sur le revers (face arrière) un curieux personnage portant une robe, serrée à la taille et une couronne en forme de toque... La main droite semble faire un signe ou porter un objet... S'agit-il, comme le veut la tradition, de Saint-Louis, rendant la justice ? Au cours du moyen-âge, le revers du croisillon est souvent consacré à la figuration  de la Vierge à l'enfant, puis plus tard à la Vierge en piété.

A la fin du moyen-âge, d'autres personnages viennent s'ajouter aux figures principales ou les remplacer ; il s'agit souvent de saints, comme saint Jean-Baptiste, saint Jacques, saint Pierre, ou d'autres moins connus. De multiples causes interviennent dans le choix des figures représentées : parrainage des donateurs, patronage des paroisses, protection contre les épidémies,...

A BARRIAC, l'église romane est consacrée à saint Martin, et la paroisse est dédiée à saint Louis dont la fête est célébrée le 25 août. Ce jour là après la messe solennelle était organisée naguère une procession qui menait les fidèles de l'église à la croix de Saint Louis.

Par ailleurs, il faut rappeler l'existence, dans notre petit bourg, d'une confrérie de Saint-Louis très florissante jusqu'à la Révolution et comprenant de nombreux fidèles de tout rang des paroisses voisines et même lointaines (Aurillac).

Au XVIIIème siècle encore, à une époque relativement proche de la nôtre, le 25 août, s'assemblait une foule d'étrangers à la région, pour se mettre sous la protection du saint patron de BARRIAC ; ils l'invoquaient pour de multiples maux, mais ce qui attirait les foules, c'était le souvenir du pouvoir attribué à Saint Louis, de guérir par simple toucher, les écrouelles ; ces ganglions tuberculeux, fistulisés à la peau du cou étaient l'objet de ce mode de guérison spontanée de cette affection, connue en patois, sous le nom de "Mal del Rei". Si la médecine moderne a fait disparaître ce fléau, gardons-nous de détourner notre regard de ces vestiges du passé ou de mépriser leur signification; ils nous rappellent les pénibles maux endurés par nos ancêtres et la force de leur foi, seul moyen pour les supporter... et qui sait…pour les en guérir parfois !          

J. Remy        

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