Ethymologie

 

 

La toponymie qui traite des noms de lieux, n’est pas une science exacte. Son but n’est pas tant de donner la signification du nom d’un lieu, que de rassembler les hypothèses qui prétendent l’expliquer. Il est rare qu’il n’y ait qu’ une seule solution, comme on le constate avec le nom de Barriac.

Barriac se termine par ac. Ce suffixe, répandu dans les territoires de langue d’oc, vient d’un suffixe celtique-aco, qu’on retrouve dans toutes les Gaules sous des formes variées : ac, at, az, y etc…. Devenu acum en latin, il dénote un établissement agricole, généralement une villa gallo-romaine. Cependant acum a produit des noms tardivement, jusqu’au début du moyen-âge. De ce fait, il est difficile de dater la fondation de Barriac.

J. M. Desbordes, à propos des noms du Limousin tout proche, « rapporte  les noms en ac aux sites archéologiques de villae gallo- romaines, où la résidence du propriétaire est généralement située à l’articulation inférieure d’un replat, sur un versant orienté vers le sud ou le sud-ouest (…) d’autre part l’habitat rural n’est jamais riverain mais distant de quelques centaines de mètres des itinéraires de long parcours ». Le bourg de Barriac, dominant à la fois l’Escladines et l’Incon et se trouvant à l’écart de la route d’Ally à Pléaux qui fut très vraisemblablement une voie de passage antique, sur la crête de la coulée basaltique, date certainement des premiers siècles de notre ère.

Il reste à déterminer la première partie du nom de notre commune. On peut être tenté de voir dans Barri une analogie avec l’espagnol barrio (quartier, groupe de maisons) qui remonterait au gaulois barro d’origine préceltique signifiant hauteur, colline. Cela donnerait une bien haute antiquité, peut être préceltique au bourg! Mais il existe au sud de St Martin Cantales un autre Barriac qui se trouve – non sur une hauteur mais dans la vallée de la Bertrande. Alors?

L’abbé Basset, dans sa monographie sur Barriac (1897) propose une solution plus probable, confirmée par A.Dauzat (1961) et reprise par E.Négre (1990). Un gallo-romain Varius ou Beerrius aurait laissé son nom à son domaine. On trouve la plus ancienne mention de Barriac (Beriacq, Beriaco) dans la prétendue Charte de Clovis. Le nom de Barriac apparaît en 1535 sous la forme latinisée : Barriacum.

J. Sabatier

 

 

 

 

Les Bosquets de Barriac

 

Nous avons cherché les origines du nom de Barriac, il nous reste à évoquer celles des « Bosquets », qui sont venues s’y ajouter.

En 1926, on inaugurait l’agence postale de Barriac. Heureux temps où l’on ouvrait des bureaux de poste dans les campagnes! La mise en route ne se fit pas sans quelques petites difficultés, comme il apparaît à la lecture de la délibération du conseil municipal du 21 septembre 1927 (approuvée en janvier 1928.). La voici:

« Monsieur Dapeyron-Doumis, maire, expose que les correspondances destinées à l’Agence postale de Barriac qui vient d’être mise en activité subissent des retards dans leur acheminement, par le fait qu’elles sont dirigées sur Pléaux, ou sur Barriac de Pailherols, que d’autre part les correspondances de Barriac de Pailherols sont souvent acheminées sur Barriac, et qu’en conséquence, pour éviter un retard préjudiciable aux intérêts de la commune, il y aurait lieu d’attribuer à cette dernière la dénomination de Barriac Les Bosquets. 

Le conseil municipal après avoir délibéré :

Considérant que les nombreux bosquets disséminés sur le territoire de la commune justifient cette appellation ;

Considérant que l’intérêt général commande cette décision,

Prie Monsieur le Préfet du Cantal de vouloir bien obtenir, dans le plus bref délai possible qu’un décret soit rendu, permettant à la commune de Barriac de porter à l’avenir le nom de Barriac Les Bosquets. »

Dans son ouvrage sur les vieilles églises et les vieux châteaux d'Auvergne, Le Dr de Ribier, signale que:

« Depuis quelques temps la municipalité de Barriac a éprouvé le besoin d’ajouter une banalité au nom de cette commune, qui désormais s’appellera « Barriac les Bosquets », alors que son nom devrait être Barriac sous Bouval ». On peut supposer que ce nom n’a pas été retenu car il laissait sous-entendre un lien de subordination contre nature, entre le chef-lieu de la commune et l’un de ses villages. Il n’eût été admissible que si Bouval n’avait désigné que l’éminence surplombant Barriac.

L’argument du courrier mal dirigé, mis en avant pour justifier l’alourdissement du nom ne serait-il pas plutôt à attribuer à la nouveauté de l’agence postale qu’à l’homonymie avec un hameau de Pailherols? Nul doute qu’en quelques mois de fonctionnement, ces inconvénients auraient disparu. Il nous semble bien plus probable que nos édiles aient cédé à l’engouement de l’époque pour les noms imagés de stations balnéaires telles que Palavas les Flots, Bormes les Mimosas ou Saint Brévin les Pins qui font aujourd’hui penser au méprisant Trifouillis les Oies.

Ce sont donc des considérations postales qui ont fait surgir des bosquets derrière le nom de Barriac. De ce point de vue, la situation est bien différente aujourd’hui: l’agence de Barriac est fermée et grâce au code postal on ne peut plus confondre 15700 Barriac et 15800 Barriac de Pailherols.

On peut se poser la question de savoir si nous devons continuer à nous encombrer de bosquets qui, outre qu’ils ne sont pas une spécificité barriacoise, sont soumis aux aléas des coupes et remembrements.

R. Sabatier

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